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Day 28, 24 December, 2016

Quand la nuit
se fait dense,
son amour est un feu.
A toi de regarder
cette lampe allumée
dans l’obscurité,
jusqu’à ce que
l’aurore commence
à poindre et
le jour à se lever
dans ton cœur.

fr. Roger



(Photo par Hölvényi Kristóf)






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Sidal

Jour 27, 23 decembre 2016

Sidal est née en 2015 au nord du Liban, dans un camp de réfugié. Elle a d'emblée partagé la condition de réfugié des quelques 1,3 millions de syriens qui ont trouvé refuge au Liban jusqu'en 2015. Sidal est née réfugiée. Sidal est née réfugiée ! Selon le UNHCR, en 2016 on compte 65,3 millions de personnes dans le monde qui ont été forcées de fuir leur foyer, soit un chiffre sans précédent dans l'histoire. Au niveau mondial 39 % de ces personnes sont hébergés dans les pays du Moyen Orient et d'Afrique du Nord, 29 % en Afrique, 14 % en Asie et Pacifique, 12 % en Amériques (Nord et Sud confondus) et 6 % en Europe. Oui, juste 6 % en Europe !



Quelque jours après l'arrivée de la famille de Fatima et Abdoulsattar à Taizé, nous avons été nombreux à fêter avec eux le premier anniversaire de Sidal. Elle était rayonnante. Quelques mois plus tard, elle a fait ses premiers pas dans notre salon. Elle est pleine de vitalité et d'énergie. Elle communique tellement de joie autour d'elle. Nous sommes heureux de la connaître et de la voir grandir tous les jours. Et nous espérons que Sidal ne connaîtra jamais la guerre.




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Omeir et Soundous

Jour 26, 22 decembre 2016

Omeir et Soundous sont syriens, ils sont les premiers enfants de Fatima et Abdulsattar, nés encore en Syrie avant la révolution. Ils sont arrivés à Taizé au printemps dernier. A l'aéroport, nous étions tout un groupe pour les accueillir et dans notre excitation on se posait beaucoup de questions : qu'allons-nous leur dire ? Comment allons-nous communiquer ? Dans quel état physique et moral seront-ils ? La porte coulissante s'est ouverte et les enfants avançaient vers nous, un peu hésitants, visiblement fatigués, mais avec un grand sourire sur le visage et des yeux brillants. Après quelques minutes, nous avions l'impression de les connaître depuis longtemps. Omeir et Soundous ont 10 et 8 ans. Jusqu'à leur arrivée en France, ils n'ont jamais pu aller à l'école ou à la maternelle. Leur enfance a été tissée dans la guerre, l'incertitude du lendemain, la fuite des violences qui les entouraient. Ils sont arrivés un jeudi matin et le mardi suivant ils étaient déjà sur les bancs de l'école. (Lundi, ils devaient passer à la préfecture pour des histoires de papier, sinon ça aurait été lundi matin.) Dès leur arrivée, l'une des premières questions des parents, mais aussi des enfants concernait l'école. « Où est l'école ? Quand pouvons-nous y aller ? » A quelques kilomètres de Taizé se trouve l'école intercommunale avec des enseignants remarquables qui ont tout préparé pour accueillir ces nouveaux enfants arrivés de Syrie. L'accueil des maîtresses et du maître, mais aussi celui des petits bourguignons était extraordinaire.



Mardi matin, deux enfants nous attendaient devant la maison avec des yeux brillants et avides de découvertes. Nous étions probablement tout aussi excités que les nouveaux écoliers. Sur leur dos, les anciens cartables de nos filles reprenaient du service. En descendant de la voiture, ils se dirigèrent, main dans la main, vers la cour de l'école et tout s'est passé le plus naturellement du monde : les autres enfants les entourèrent et commencèrent à leur poser des questions. Au Liban, quelqu'un les avait préparé pour les premiers contacts : « Bonjour, je m'appelle Omeir, enchanté ! » Le succès était garanti. Quelques jours plus tôt, ils étaient encore dans un camps de réfugiés au Liban, et là, sous nos yeux, ils commençaient une nouvelle vie dans une petite école en Bourgogne. Depuis, ils ont fait des progrès rapides en français : leur compréhension orale et leurs résultats scolaire s'améliorent de jour en jour. Ils sont devenus très vite partie intégrante de leur classe et de leur école.




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Yaman

Jour 25, 21 decembre 2016

Il aura cinq ans en février. Né pendant les premiers mois de la révolution syrienne, il n'avait que quelques mois lorsque ses parents ont décidé de fuir leur région et leur maison. Jusqu'à aujourd'hui, Yaman a fêté tous ses anniversaires en tant que réfugié syrien au nord Liban. Ce petit pays de 4,5 millions d'habitants qui offre refuge et sécurité à plus d'un million de réfugiés de la Syrie. Imaginez un pays où un quart de la population est composé de réfugiés fuyant une guerre meurtrière. Yaman a grandi dans un camp tenu par une petite ONG, Relief and Reconciliation for Syria qui fait un travail remarquable avec les enfants. Dès leur arrivée à Taizé, Yaman et ses frères et sœurs nous ont étonnés par leur créativité : ils dessinent, ils chantent et racontent par cœur des histoires en arabe, ils sont capables d'improviser un spectacle en quelques minutes.



Deux semaines après leur arrivé, nous sommes allés visiter une ferme qui fait des fromages de chèvre dans les environs de Taizé. Les enfants ont adoré caresser les chèvres et les cabris mais étaient moins intéressés par le magasin : ils ont préféré rester dehors et jouer à la balançoire. Quelques minutes plus tard, un tracteur est arrivé du côté des hangars et longeait la piste pas loin des balançoires. Yaman a pris peur, il a sauté de la balançoire et il a commencé à courir dans tous les sens en essayant de trouver un endroit où se cacher et à crier au secours en arabe. Ses yeux terrifiés à la vue d'un simple tracteur exprimaient toute la peur de l'enfant innocent, blessé à jamais par les horreurs de la guerre. Il est resté blotti dans nos bras pendant un bon quart d'heure, tremblant et essuyant ses larmes.




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Fatima et Abdulsattar

Jour 24, 20 decembre 2016

Avant la guerre, ils habitaient dans la région de Homs en Syrie avec leurs deux enfants. Abdulsattar est doué pour le dessin, la calligraphie et la décoration. Il travaillait dans une entreprise qui faisait des décorations intérieures et extérieures de bâtiments. Fatima était occupée à la maison avec la famille. A la naissance de leur troisième enfant, la révolution syrienne avait déjà commencé. Abdulsattar a participé aux premières manifestations pacifiques et rêvait d'une Syrie libre. Mais la violence s'est très vite répandue à travers le pays et leur région n'a pas été épargnée. Un jour de 2012, leur quartier a été bombardé, les parents ont donc décidé de fuir la ville pour aller se réfugier à la campagne. La famille avait déjà quitté la maison, mais Abdulsattar y est retourné pour aider une personne âgée qui voulait également fuir ce périmètre visé par les troupes du gouvernement. C'est à ce moment qu'un obus est tombé sur la maison et qu'Abdulsattar a été gravement touché: mâchoire arrachée, tympans perforés et graves brûlures sur tout le corps. Les ambulanciers l'ont retrouvé inconscient dans les décombres et l'ont emmené directement dans un hôpital de la Croix-Rouge situé de l'autre côté de la frontière, au Liban. Il a subi plusieurs opérations et est resté à l'hôpital pendant de longues semaines.



Il aura fallu 4 mois et l'aide de plusieurs ONG pour que Fatima et les enfants puissent retrouver leur mari et père dans un centre de réfugiés au nord du Liban. Et maintenant nous sommes voisins. Nous partageons notre amitié et nous essayons d'avancer ensemble vers un monde meilleur.




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Artem

Jour 23, 19 decembre 2016

15 ans, de Lugansk. Il vient d'une famille qui ne connaissait pas le besoin avant la guerre. Artem est passionné par le football et il rêvait de jouer un jour dans la grande équipe du Chakhtar Donetsk. Inscrit dès son plus jeune âge au club de foot local, il s’entraînait à raison de 5 entraînements par semaine, plus les compétitions le week-end. La guerre a mis fin à ses rêves et en 2015 la famille a décidé de quitter le Donbass pour venir s'installer à Kiev. Artem a trouvé un nouveau club de football où il s’entraîne tous les jours. Il est gardien de but et rêve d'être remarqué un jour par les managers du Dynamo Kiev.



Pendant un match de foot entre les enfants ukrainiens et les jeunes soudanais, nous nous sommes dit : quel monde bizarre dans lequel nous vivons où des réfugiés de l'est de l'Ukraine et des réfugiés du Darfour jouent ensemble au foot dans un petit village bourguignon. La partie était joyeuse, les sourires et les poignées de main étaient au rendez-vous, mais nous étions tristes de réaliser que c'était la guerre qui avait rassemblé ces jeunes en ce jour de juin 2016.




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Nazar

Jour 22, 18 decembre 2016

7 ans, de la région du Donbass. Il a passé avec nous quelques semaines cet été avec le groupe des enfants ukrainies. Il a fui la guerre avec sa mère qui est enseignante et qui a vite trouvé une nouvelle école à Kiev où elle travaille actuellement. Nazar est un de ces enfants qui sont toujours de bonne humeur, qui bouge sans arrêt et qui respire la joie de vivre. Nazar est incapable de marcher normalement en mettant un pied devant l'autre comme le font les gens « normaux » : il ne marche pas, il sautille, il gambade, il se déplace en dansant. Comme si le fait de marcher était beaucoup trop ennuyeux pour lui. A l'église, il était toujours attentif, avec des yeux et des oreilles grands ouverts. A chaque rencontre que l'on faisait, il voulait comprendre et cerner la personne en face de lui. Il était un peu comme une éponge qui veux tout assimiler.



(Photo par Jean-Pierre Nguyen)


Les seuls moment rares où son visage s'assombrissait, c'était lorsqu'on parlait du Donbass et de la guerre. Son visage devanait triste et grave lorsqu'il nous parlait de ses amis de là-bàs et de tout ce qui était beau avant, mais n'existe plus aujourd'hui. Que pourrions-nous faire pour que tous les responsables politiques et militaires entendent et comprennent le mal qui est fait aux enfants dont la vie est cassée en deux par la guerre ?




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Manuel et Nur

Jour 21, 17 decembre 2016

7 et 4 ans. Ils sont nés en Irak dans une partie de la plaine de Ninive habitée en majorité par des chrétiens, pas loin de la ville de Karakosh. Avec leurs parents, ils ont fui leur maison pendant l'été 2014 lorsque les troupes de l'ISIS prenaient position dans toute la région. Ils ont trouvé refuge dans la ville d'Erbil au Kurdistan irakien dans un camp surpeuplé qui accueillait ceux qui fuyaient l'avancée des troupes djihadistes. Ils y sont restés une année entière. Avec l'aide d'une ONG française et des frères de Taizé, ils ont pu obtenir des visas pour venir en France et faire le voyage jusqu'à Paris directement en avion. Pour quelques centaines d'euros, la famille de 4 membres est arrivée en Europe en sécurité après un vol de 3 heures. Ils n'ont pas dû passer la frontière turque illégalement, ils n'ont pas risqué leur vie en prenant des embarcations pneumatiques pour traverser la Méditerrannée, ils n'ont pas été obligés de passer par le calvaire de la route des Balkans et ils n'ont pas payé 15000 euros comme l'ont fait toutes les familles avec lesquelles nous avons pu parler à Budapest pendant l'été 2015.



A leur arrivée à Taizé, Manuel était facilement irritable, il n'obéissait que très peu et frappait très vite, souvent sans raison apparente. Nous savions qu'il avait déjà vu et vécu très jeune des choses qui sont trop dures même pour des adultes. Pourtant, après une année dans un environnement sécurisant, après beaucoup d'attention, nous avons la conviction que Manuel est en train de surmonter ses difficultés. Il a appris à parler français avec une rapidité déconcertante, il est intéressé par tout ce qui l'entoure, il pose toujours des questions et ses résultats à l'école s'améliorent de jour en jour.




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Jour 20, 16 decembre 2016

La page d'aujourd'hui est dédiée à tous nos amis dont vous ne verrez pas la photo et dont nous ne pouvons écrire l'histoire.

Elle est dédiée à A. ; écrasé par le désespoir depuis qu'il a reçu la réponse négative à sa demande de droit d'asile après une année d'attente. Depuis des semaines, il ne mange plus pour être en communion avec sa femme et ses enfants qui souffrent de la famine au pays. Il rêvait de réunir sa famille en France et de vivre en paix. Le désespoir a pris le dessus et nous sommes totalement démunis devant son abattement.

Elle est dédiée à M. dont le passé est tellement lourd à porter que son présent est juste confusion et son futur incertain.

Elle est dédiée à N. qui est l'une des personnes les plus courageuses que nous n'ayons jamais rencontrées, mais qui ne peut avancer qu'à condition de ne plus jamais regarder en arrière.

Elle est dédiée à tous nos amis qui luttent avec la complexité de notre monde occidental et qui se perdent dans cette jungle moderne.

Elle est dédiée à tous nos amis qui ne peuvent dormir tranquille et qui font des cauchemars chaque nuit.

Elle est dédiée à tous nos amis qui souffrent du manque de leurs mères, pères, frères et sœurs disparus pour toujours. Certains jours, leur douleur est si forte qu'ils suffoquent.

Elle est dédiée à tous nos amis qui ne se plaignent jamais, mais dont le regard exprime la souffrance sans les mots.

Elle est dédiée à tous nos amis qui sont brisés à jamais et avec lesquels nous ne pouvons que pleurer ensemble.



(Photo par Jean-Pierre Nguyen)






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Khouloud

Jour 19, 15 decembre 2016

Elle est née en Irak dans une très grande famille. Ils vivaient dans des conditions très simples et Khouloud n'a pas pu aller à l'école. Déjà très jeune, elle allait faire le ménage dans des maisons de gens plus aisés. Lorsque avec une partie de sa famille, elle est partie en Jordanie, elle a continué à faire le ménage pour gagner un peu d'argent. C'est en Jordanie qu'elle a rencontré son futur mari qui est copte égyptien. Khouloud a perdu plusieurs membres de sa famille dans les guerres successives qui ont ébranlé l'Irak.



Khouloud est chrétienne chaldéenne et lors de notre première rencontre, nous étions tout excités à l'idée de rencontrer une femme dont la langue maternelle est très proche de l'araméen, la langue parlée par Jésus. Mais nous avons vite compris que le respect que nous devions à cette femme ne devait pas être conditionné à la langue exotique qu'elle parlait. Khouloud est un de ces héros du quotidien qui a pu garder sa foi, sa confiance dans le futur et sa générosité malgré toutes les difficultés qu'elle a traversées. Au début, lorsque la barrière de la langue rendait la communication difficile, notre relation et notre amitié se construisaient à travers les plats irakiens qu'elle préparait. Souvent, la sonnette de la maison retentissait et on voyait arriver Khouloud avec des plats, des assiettes et des saveurs qu'on reconnaissait déjà de loin. Le premier mot qu'elle a vraiment bien appris à utiliser en français, c'était : mange ! Et elle nous a enseigné ce mot en arabe aussi : « Kul ! » Khouloud contemple et comprend le monde qui l'entoure par la bonté du cœur. Nous sommes fiers et heureux d'être amis avec elle.




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Abdelkarim

Jour 18, 14 decembre 2016

32 ans, Soudanais. Originaire du Darfour, il s'est d'abord réfugié au Tchad, puis en Libye, lorsqu'il a décidé de fuir les violences des milices progouvernementales de son pays natal. En Libye, il a travaillé pendant des mois sans jamais recevoir son salaire convenu à l'avance. Il ne pouvait plus retourner dans son pays sans craindre d'être arrêté et torturé, alors il a décidé de poursuivre la route en traversant la Méditerranée. Il n'est resté que quelques semaines à Calais et a vite compris que le mieux qui lui restait à faire était de quitter la jungle.



Abdelkarim a reçu la réponse favorable pour sa demande de droit d'asile relativement vite et depuis, il a déjà travaillé à plusieurs endroits. Actuellement, il travaille dans un projet de maçonnerie local dont le but est de remettre en état des vieux murs de pierre. Il est d'un très grand aide dans la maison où nous accueillons depuis 6 semaines des jeunes mineurs de Calais qui espèrent toujours rejoindre l'Angleterre. Il s'est porté volontaire et habite dans cette maison où chaque soir, après le travail, il est présent avec toute son autorité et sa gentillesse pour aider les jeunes à accepter leur situation et à attendre la réponse des autorités anglaises.




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Sultan

Jour 17, 13 decembre 2016

39 ans, Soudanais. Comme les autres, Sultan est parti du Darfour et il a traversé la Lybie, la Méditerrannée et l'Italie avant d'arriver à Calais. Sultan parle peu, mais lorsqu'il ouvre la bouche c'est toujours pour dire quelque chose d'important. Il est fort et endurant. Un voisin du village lui a offert un vélo qui est vite devenu son principal moyen de locomotion. A travers monts et vallées, par temps de pluie ou par beau temps, il va partout et toujours avec son vélo, même à Mâcon qui est à 40 km.



Lorsque nous avons appris cette année en octobre que de Calais allaient arriver 16 jeunes mineurs pour quelques mois, le temps que l'Angleterre décide de les accueillir ou pas sur son territoire, Sultan s'est porté volontaire pour aider à leur accueil. Il a déménagé dans la maison prévue pour ce nouveau groupe et sa présence y est très précieuse. Il traduit, il aide dans le quotidien, il est présent aux repas communs. Pour les mineurs arrivés de la jungle, il est comme un oncle sur qui ils peuvent compter, qui redonne confiance. Tout le monde est plein de respect pour lui.




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Masha

Jour 16, 12 decembre 2016

16 ans. Elle a fui l’est de l’Ukraine avec ses parents et ses frères et soeurs pendant l’été 2014. Elle nous a raconté qu’à l’école les élèves s’étaient habitués à entendre le bruit des explosions et des tirs au loin. Ils ne quittaient leur classe qui était à l’étage que, lorsque le bruit des combats se rapprochait trop de leur bâtiment. Masha est une fille intelligent qui est pleine d'ambitions. En 2012, pendant l'Euro de football organisé conjointement par l'Ukraine et la Pologne, elle participait en tant que bénévole à l'accueil des supporteurs dans le superbe stade de foot de Donetsk, le Donbass Arena. Pendant l'été 2015, lorsque Masha était chez nous à Taizé, les combats ont également atteint le stade qui était la fierté de toute la région et ont causé des dégâts importants. De notre côté, nous étions étonnés cette jeune adolescente qui ne se plaignait jamais, mais qui voulait profiter de chaque instant et de chaque rencontre pour acquérir de nouvelles connaissances sur le monde qui nous entoure. A travers le monde il y a tellement de personnes dont la vie est brisée en deux à cause de la guerre. Nous avions l'impression que Masha avait une telle volonté et force intérieure, que rien ne pouvait l'ébranler.



De retour de Taizé, elle s'est engagée dans un mouvement de luttes contre la corruption en Ukraine. Elle manifeste régulièrement avec des associations de droits de l'homme et fait entendre sa voix où elle peut. Son rêve est de devenir médecin et de construire un monde meilleur.




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Artur

Jour 15, 11 decembre 2016

11 ans. Il est de Kiev et nous n’avons jamais bien compris comment il s’est retrouvé dans le groupe des enfants réfugiés du Donbass. Mais pendant qu’il était à Taizé, son père faisait son service militaire obligatoire dans l’est de l’Ukraine. Tous les deux jours on téléphonait à sa mère pour avoir des nouvelles du front.



Dans la grande église pendant la dernière prière du soir avant leur départ, les enfants ont chanté un chant ukrainien après le silence, puis ont lu une prière préparé par eux-mêmes. Pour qui voulait prier Artur dont le père se battait au front contre les séparatistes russes du Donbass ? Pour le groupe de jeunes russes de l'Arche de Moscou, arrivés quelques jours plus tôt à Taizé.




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Taia

Jour 14, 10 decembre 2016

10 ans, elle habitait avec ses parents et ses 3 frères et sœurs à Donetsk dans l'est de l'Ukraine. Ses parents sont médecins et ils avaient une bonne situation dans leur vie d'avant la guerre. Mais en 2014 ils ont fui les combats qui se rapprochaient de plus en plus de leur vie et se sont retrouvés réfugiés dans leur propre pays, à Kiev. Avec beaucoup de courage et de ténacité, au milieu de conditions difficiles, ils ont dû tout recommencer à zéro. Taia aime beaucoup chanter et jouer, elle dessine très bien et elle nous parlait en anglais avec une assurance inhabituelle pour une enfant de son âge.



Le veille de leur départ, elle nous a offert un dessin accompagné d'un petit mot : « J'espère que vous n'allez jamais nous oublier ». Nous avons épinglé le dessin à un endroit bien visible pour le voir tous les jours.




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Masha

Jour 13, 9 decembre 2016

14 ans. Avant la guerre elle vivait à Lougansk avec sa mère. Selon ses propos elles vivaient simplement, mais chaque année elles partaient en vacances quelque part avec l'argent économisé. Avec des voyages organisées, elle a pu ainsi visiter Paris, Prague, Vienne et Budapest. Elle a commencé le piano très jeune dans le réseau des écoles de musiques gratuites, un des restes positifs de la période soviétique. Elle joue merveilleusement au piano et aimerait être professeur de piano quand elle sera grande.



Un jour nous avons posé la question à tout le groupe des enfants ukrainiens : « comment imagines-tu ta vie dans dix ans ? ». Masha a répondu sans hésitation : « Il faut que je sois heureuse... j'ai déjà vu tant de malheur dans ma vie. Dans les salles de classe nous étions habitués à entendre les détonations au loin... mais lorsqu'elles étaient déjà trop proches, nous avons décidé de quitter la ville et de chercher refuge à Kiev. Mes amis de Lougansk me manquent beaucoup et j'ai peur pour eux car je ne sais pas s'ils sont en sécurité. »




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Murtada

Jour 12, 8 decembre 2016

22 ans. Soudanais, arrivé à Taizé, le 5 novembre 2015, après un bref séjour à Calais. Il est plein de vie, joyeux et enthousiaste. Nous nous posons souvent la question: comment a-t-il réussi à garder son sourire, sa gentillesse malgré toutes les difficultés et les souffrances qu'il a endurées? Murtada a très vite appris à parler en français. Il aime parler, échanger. Il est toujours intéressé par l'avis des autres et heureux de partager son opinion.



Ces derniers mois, Murtada prenait souvent le même bus que nos filles pour faire le trajet Taizé-Cluny. Malgré les protestations de nos filles, il s’est toujours arrangé pour arriver avant elles jusqu’au chauffeur et pour payer leur ticket de bus. Depuis qu'il est à Taizé, il a travaillé dans divers endroits: à la cuisine, aux vendanges, dans une fonderie. Il aimerait étudier, commencer une formation. Son rêve est de faire de la mécanique générale.




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Ahmed

Jour 11, 7 decembre 2016

Ahmed est l'un des plus jeunes de l'équipe des garçons soudanais. Il est originaire du Darfour, mais il a commencé ses études à l'université à Khartoum. Puis, il a dû fuir le pays. Ahmed est un grand fan de foot, il connaît tous les détails du football européen. Il suit l'évolution et le parcours des joueurs et des clubs. Son équipe préférée est Liverpool.



Il rêve de pouvoir continuer ses études à l'université.




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Adam

Jour 10, 6 decembre 2016

25 ans. Il a d’abord fui le Soudan vers le Tchad où il est resté un temps plus long et où il a assez bien appris à parler en français. Ainsi, au début, il nous servait d’interprète. Il était le premier du groupe de Soudanais à recevoir le statut de réfugié en France. Dans la maison, c’était une grande joie et tous les autres venaient vers lui pour le féliciter. Et lui ne faisait que répéter à chacun : j’espère que bientôt toi aussi tu vas recevoir la bonne nouvelle.



Dès les premiers jours, Adam accueille les amis ou même les inconnus qui entrent dans la maison avec une hospitalité remarquable : « Assieds-toi, qu’est-ce que tu veux boire ? Du thé ou du café ? Ou un verre d’eau ? Comment ça va ? Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? » Il garde son sens de l’hospitalité et son sourire même dans les jours difficiles. Deux fois par jour, au moment de commencer les repas communs, la plupart du temps c'est lui qui entame la prière de bénédiction que les autres répètent en cœur, d'abord en français, puis en arabe : « Au Seigneur, place pour nous ta bénédiction dans ce repas, et accorde-nous davantage encore. Amin. »




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Mohamed

Jour 9, 5 decembre 2016

Nous avons rencontré Mohamed, le 25 août 2015, à la gare Keleti de Budapest. Nous sommes arrivés avec un grand sac plein de crayons couleur, des feutres et des papiers. En moins de cinq minutes, nous étions entourés par une douzaine d'enfants assis par terre et dessinant avec enthousiasme. Un garçon un peu plus grand nous a demandé quelques feuilles de papier et des crayons pour l'emmener dans un coin où se trouvait sa famille assise sur des matelas posés par terre. Le petit Mohamed était à côté de ses parents et n'osait venir plus près. Mais il se mit à dessiner et lorsqu'il a terminé son dessin, il s'avança vers nous pour nous l'offrir : je l'ai fait pour vous. Un drapeau syrien avec une seule phrase : « I love Syria ».



Nous pensons souvent à lui et à tous les enfants rencontrés pendant ces jours de l'été 2015 à la gare Keleti. Où peuvent-ils bien être maintenant ? Sont-ils en sécurité ? Ont-ils rencontré des hommes de bonne volonté qui les ont aidés ? Vont-ils à l'école ? Leurs rêves se sont-ils réalisés ?




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